
Non voyant depuis l'âge de 5 ans, et après avoir suivi des études universitaires, j'ai découvert l'informatique il y a environ une dizaine d'années. Recruté par concours en 2002, j'ai été nommé secrétaire administratif au ministère de l'éducation nationale et affecté à la direction des personnels enseignants. Je m'occupe du détachement des professeurs de mathématiques et j'anime la cellule pour les nouveaux lauréats de concours (stagiaires).
J'utilise pour travailler une synthèse vocale nommée Jaws, qui me traduit de manière sonore tout ce qui est affiché à l'écran, mais aussi de manière tactile grâce à une plage braille braillewindow.
Pour prendre connaissance des dossiers dont j'ai la charge, j'utilise un scanner que je pilote par le logiciel open book.
Je peux ainsi accéder à tous les documents dactylographiés, ce qui exclut tout ce qui est manuscrit.
Ces outils me permettent d'utiliser tout les programmes de Windows à savoir : Internet exploreur, Outlook express, word, adobe acrobat, ainsi que les applications spécifiques à mon travail.
Seule une formation solide et adaptée, que j'ai pu suivre en 1996, m'a permis d'être immédiatement opérationnel à mon poste.
Par goût et dans le souci d'aider à l'intégration des personnes non-voyantes, je suis devenu formateur en informatique au sein du ministère de l'éducation nationale. En effet, je souhaite à tous les fonctionnaires non-voyants qui en manifesteraient le désir, de pouvoir bénéficier d'une telle formation, ce qui leur ouvrirait des nouvelles perspectives de travail et d'évolution de carrière.
J'ai 29 ans, je suis professeur des écoles depuis 2004 et reconnue travailleur handicapé.
J'ai pu accéder à ce statut par la voie contractuelle. Pour cela, j'ai constitué un dossier contenant mes diplômes (licence), mes certificats médicaux et mes justificatifs COTOREP . Après examen de ma candidature, l'Inspecteur de l'Education Nationale de l'académie de Montpellier m'a reçue pour un entretien. Au cours de la discussion nous avons abordé les différentes missions de l'école, mes motivations et les projets auxquels j'avais participé (j'ai été aide-éducatrice pendant 5 ans).
Quelques temps plus tard je recevais une lettre confirmant mon admission à l'I.U.F.M. pour la rentrée 2004. Une visite médicale, avec un médecin de l'Education Nationale, a suivi pour préciser si un aménagement d'horaire particulier était nécessaire.
Etant transplantée depuis juin 2001, je n'ai besoin d'aucun aménagement particulier. Mon handicap est compatible avec les horaires et les fonctions de ce métier. Mon intégration au sein des écoles fréquentées s'est donc faite comme celle d'un professeur des écoles non handicapé. Mais, en sachant qu'une greffe de rein n'est pas définitive, un retour en hémodialyse pourrait être envisagé (3 fois par semaine à l'hôpital) et, à ce moment là, un ajustement d'horaire serait mis en place.
Pour l'instant, j'exerce ce métier (C.M. 2 en ZEP ) dans les meilleures conditions et j'espère que cela va continuer.
2001 aura vraiment été pour moi une année très difficile. Admissible aux écrits du CAPEPS et aux épreuves écrites et physiques du concours de la ville de Paris, j'ai malheureusement eu un accident de la route la veille des toutes dernières épreuves de ces concours. Aucune possibilité de bénéficier d'un oral de rattrapage n'a pu être envisagée.
La commission académique du 21 janvier 2003 statuant sur la compatibilité du handicap m'a appris par la suite l'incompatibilité de mon handicap avec l'enseignement de l'éducation physique et sportive (bras gauche paralysé). Elle m'a orienté vers un poste de conseiller principal d'éducation.
Que de désillusions dans cette décision surtout après avoir enseigné l' E.P.S. pendant plusieurs années. Après que je me sois fait à cette idée, j'ai tout mis en oeuvre pour y arriver. De janvier 2005 à juillet 2005, un contrat en qualité de C.P.E. m'a été proposé dans un lycée du département des Yvelines, établissement dans lequel j'ai acquis une très bonne expérience de la profession, aidé en cela par mes autres collègues C.P.E. du lycée.
Après avoir passé un été au chômage, j'ai appris qu'un contrat d'un an m'était proposé au titre du recrutement des travailleurs handicapés dans un autre lycée des Yvelines. Toutes les conditions étaient enfin réunies pour espérer une titularisation. Là encore une bonne cohésion entre C.P.E. m'a permis de découvrir un peu plus ce métier et d'en prendre toute la mesure.
L'intégration s'est très bien passée, du fait peut-être que mon handicap n'est pas trop visible et contraignant et sûrement parce que j'ai su répondre aux exigences et aux attentes de chacun. J'ai ensuite été inspecté et je redoutais quand même ce « passage obligé » ne sachant pas vraiment les exigences requises. Mais, cela s'est bien passé, de même que l'oral et l'entretien qui ont suivi.
Par contre, espérant être titularisé dans le même établissement; j'ai éprouvé une certaine crainte en raison de nombreux appels de C.P.E. qui souhaitaient se porter candidat sur mon poste qu'ils pensaient vacant.
En octobre 2006, j'ai enfin appris de manière officielle ma titularisation sur ce poste à compter du 1er septembre 2006.
Recruté en tant que chargé d'enseignements vacataire en droit privé en septembre 1994, j'ai ensuite occupé la fonction d'attaché temporaire d'enseignements et de recherche (A.T.E.R.) à partir de septembre 1997. J'exerce actuellement en tant que maître de conférences avec un recrutement effectif depuis septembre 2001.
Mon poste est aménagé pour compenser ma cécité de façon très satisfaisante sur un double plan humain et matériel. J'ai bénéficié d'un assistant pédagogique en tant qu'A.T.E.R., dispositif reconduit depuis novembre 2005. Un équipement informatique complet adapté à ma cécité est mis à ma disposition par le rectorat de Versailles depuis décembre 2002.
Les efforts avérés du Ministère de l'Education Nationale en direction de son personnel handicapé doivent être poursuivis et approfondis. Afin d'y contribuer, je préside par ailleurs une association de personnels handicapés.
Avant d'entrer dans l'éducation Nationale, j'ai travaillé dans le privé dans différents domaines, mais ma vie professionnelle ne me satisfaisait pas, aussi ai-je songé après 30 ans à reconsidérer un projet professionnel qui correspondrait plus à mes désirs et à mes attentes. J'ai décidé de devenir documentaliste dans l'enseignement et entrepris ma reconversion (stage dans un C.D.I. , formations) pour vérifier si cela correspondait bien à mes attentes, cela a été le cas. Je m'étais fixé comme objectif d'obtenir des remplacements de documentaliste et de passer ensuite le CAPES interne.
Puis j'ai appris que j'avais une maladie grave et plus tard que je pouvais bénéficier d'un contrat dans l' Education Nationale réservé au personnel reconnu travailleur handicapé par la COTOREP . II est vrai que j'ai toujours été habituée à me sortir seule des difficultés, mais pour une fois, une main se tendait vers moi et j'entrevoyais enfin une solution dans ce moment difficile tant sur le plan financier que psychologique.
Le coeur rempli d'espoir, battante, car je considère que "tout ce qui ne tue pas renforce", j'ai entrepris la longue démarche administrative. Une fois nommée dans un établissement scolaire à titre de contractuelle en vue d'une titularisation, j'ai caché à mes collègues mon véritable statut, que je considère confidentiel, seule la Principale étant avisée et m'ayant assurée de sa discrétion, chose tenue.
Je me suis tout de suite bien intégrée au sein du collège et j'ai de très bonnes relations avec l'ensemble du personnel. Mon épanouissement a raison de ma fatigue engendrée par ma maladie, d'ailleurs au vu de ma bonne humeur et de mon dynamisme on ne soupçonne pas mes problèmes de santé, non visibles.
Ayant donné entière satisfaction, j'ai été titularisée et je continue mon investissement dans le collège. J'ai beaucoup de projets pour le rayonnement du C.D.I. tant sur le plan pédagogique que culturel.
J'encourage toutes les personnes pouvant bénéficier de ce type de contrat à postuler, tout le monde a à y gagner.
Je suis atteinte d'une surdité sévère (90 % de perte d'audition). J'ai perdu l'audition progressivement et j'ai appris peu à peu à compenser mon handicap avec deux prothèses auditives et la lecture labiale. Cela m'oblige cependant à produire constamment de gros efforts d'attention, ce qui provoque des maux de tête ainsi qu'une grande fatigue sensorielle et nerveuse. En effet, ce handicap ne se voyant pas, il est très difficile de faire comprendre les difficultés réelles rencontrées par un sourd. Certains interlocuteurs se mettent à hurler, d'autres mettent leur main devant leur bouche en parlant, d'autre lèvent la tête, ou parlent quand j'ai le dos tourné... à force de répéter ces consignes, un sourd peut passer pour avoir mauvais caractère.
Je suis arrivée sur mon premier poste de SASU avec mon statut de travailleur handicapé. J'étais débutante et je n'ai pas eu de réelles difficultés au départ. J'étais bien encadrée par un responsable qui m'a formée et incitée à passer les concours. Devenue A.A.S.U. , j'ai occupé durant 14 ans plusieurs postes différents, avec des responsabilités souvent importantes. Je n'ai pas demandé d'aménagement de poste, craignant que la divulgation de mon handicap ne me barre la route à un poste d'encadrement. J'avais également peur de l'assistanat. Dans l'ensemble, durant cette période, j'ai été épaulée par ma hiérarchie.
J'ai ensuite réussi le difficile concours de CASU . Mais la désillusion est arrivée avec ma première affectation où, bien qu'étant prioritaire réglementairement, j'ai été la seule de ma promotion à n'obtenir aucun des postes demandés avant de pouvoir, plus tard, être mutée à la Sorbonne, puis, ce qui était mon rêve, dans le service où je suis actuellement affectée.
Ce qui me tient à cœur dans mon métier, c'est l'objectif que j'ai poursuivi dans tous mes postes : la modernisation et la réorganisation des services que j'ai dirigés. J'encadre aujourd'hui 55 personnes, dont 3 cadres, et suis responsable de l'organisation d'un très grand nombre d'examens professionnels, avec pour impératif de réussir les sessions.
Au niveau des aménagements, n'ayant jamais vraiment eu d'installation téléphonique spécifique, j'utilise un poste téléphonique qui m'appartient avec amplification, ce qui me pose malgré tout des difficultés ; je compense également mon handicap en étant très organisée afin d'économiser mes forces (mon potentiel auditif diminue en fin d'après-midi et je me sens épuisée le soir), en sachant m'entourer et en travaillant en équipe.
Aujourd'hui, je pense qu'aucun de mes supérieurs hiérarchiques n'a vraiment mesuré mes difficultés réelles. Mais ils ont considéré que j'avais les capacités et les compétences pour me confier les postes que je souhaitais et, dans le service où j'exerce actuellement, je me suis toujours sentie reconnue.
Mise à jour : juin 2008